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Le recueil posthume Régner, du poète Léon Deubel, réédité aux Editions Complicités

Dernière mise à jour : 5 nov. 2023


"Comme un enfant craintif j'erre à travers les rues. L'ombre, ainsi qu'un automne, a flétri les visages, Et des paupières d'or d'un azur sans nuages Filtre le long regard des choses disparues."

Léon Deubel, "Instants de fête"

Régner (1913)

[Poème initialement publié dans La Lumière natale, 1905]


"Que l'ami qui fut le conseiller et le maître écouté de notre formation artistique nous pardonne si nous avons un peu, pour sa gloire, violé le mystère dont sa délicatesse et sa timidité aimaient à s'entourer. Nous serons trop heureux si l'émotion et la douleur éprouvées en revivant ces heures amères et douces à la fois, émeuvent à leur tour les amoureux du verbe et les fervents de la beauté qui se pencheront, au long des années à venir, pour s'abreuver à la source vive de la poésie de Léon Deubel."

Louis Pergaud, préface à Régner (1913)




Un an avant de partir à la guerre, d’où il ne devait pas revenir, Louis Pergaud (1882-1915) s'était pleinement consacré à la publication posthume de Régner, sans doute l'un des recueils les plus importants du poète belfortain Léon Deubel (1879-1913). Il s'agit d’une certaine façon d'une œuvre à deux plumes. La longue introduction de Pergaud, qui s'attache à présenter le volume tout en retraçant avec délicatesse la brève existence de son ami, témoigne du profond attachement qui le liait à celui-là seul qui l'initia à la poésie. Le classement des poèmes réunis dans Régner fut également celui de Pergaud. Il les rassembla lui-même, suivant son propre sentiment, mais aussi en fonction de ce qu'il connaissait des préférences de Deubel ; ce dernier avait en effet commencé à regrouper quelques-uns de ses vers préférés en vue d'un futur recueil, dont le titre, Régner, était déjà tout trouvé.


Cette forme d'anthologie comprend cent dix-sept poèmes, répartis selon leurs provenances (recueils déjà parus, revues, ou poèmes inédits/inachevés). On découvrira dans cette minutieuse sélection tout le talent d'un poète intransigeant et sensible, contrasté et orgueilleux, furieusement indépendant et toujours épris d'Idéal et de Beauté. Jusqu'à tout leur sacrifier... Noble et fier, se vantant volontiers de "ciseler des vers incompris" [lettre à Hubert Fillay, 29 décembre 1903], il était aussi profondément meurtri par l'indifférence des lecteurs, et par son besoin, inassouvi, de véritable reconnaissance. On connaît sa triste fin, survenue un matin de juin 1913 ; elle ne doit pourtant pas figer le destin d'un poète que l'on range aujourd'hui un peu vite dans le panier des mineurs et des maudits.

On trouve difficilement, aujourd'hui, les œuvres de Léon Deubel ; les originaux se raréfient, en raison de leur très petit tirage initial, et les recueils n'ont jamais été réédités. Il me semblait important de rendre hommage au génie poétique de Deubel, qui n'a rien à envier aux "plus grands", en tirant Régner, l'ultime recueil, de son injuste oubli. Enrichie d'une nouvelle préface, et de photographies inédites issues du "fonds Deubel" de la Bibliothèque Municipale de Belfort, la réédition de Régner est désormais disponible aux Editions Complicités.


"Deubel est iniquement, scandaleusement oublié, lui, si grand et si haut - lui au verbe-éther. (...) Deubel écrit à la lave de l'Idéal (...). La Génération qui vient, les yeux gorgés d'Idéal et les poumons emplis d'Esprit, ne pourra faire sans Deubel". Gabriel Seigner


Nouvelle édition et liminaire d'Irène de Palacio

Première édition et préface de Louis Pergaud (1913)


202 pages, 20€

ISBN : 978-2-3512-0532-7


Léon Deubel / Louis Pergaud

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