"Litanies du crépuscule" par Adolphe Retté
- Irène de Palacio

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Photographie Irène de Palacio
(coll. pers.)
Litanies du crépuscule
Adolphe Retté, Lumières tranquilles (1901)
A Albert Messein.
Lueur étrange où glisse un cortège de rêves,
Brasier qu'ont avivé des vents mystérieux,
Porte d'or fauve ouverte à l'occident des cieux,
Suaire solennel qui se soulève,
O Crépuscule,
Jardin triste planté d'iris et d'asphodèles,
Palais que hante le reflet des jours enfuis,
Voile de pourpre au seuil du temple de la nuit,
Portique morne où tremblent des bruits d'ailes,
O Crépuscule,
Rayon sanglant sur le houx sombre et la fougère,
Gouffre que la tempête emplit de ses huées,
Aigle hagard qui tiens nos coeurs entre tes serres,
Veneur menant la meute fauve des nuées,
O Crépuscule,
Adolescent au front fleuri de pâles roses,
Face d'azur noyée en des flots d'émeraude,
Roi déchu qui te perds en des pensées moroses,
Gardien des parcs où la chimère rôde,
O Crépuscule,
Dieu du silence, dieu du repos, dieu de flamme,
Ouvre sur nous tes mains d'où s'épanche l'été,
Baigne nos yeux, règne en nos coeurs, règne en notre âme,
Et nous célébrerons ta gloire et ta beauté,
O Crépuscule.

Savoie, août 2026
Photographie Irène de Palacio














