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Le Vallon, par Cécile Sauvage

"Vallon, feuillages enchantés, Il y a des larmes pour la beauté."


Portrait de Cécile Sauvage

© Musée Gassendi (Digne-les-Bains)



Poème XX ("Les Dames tranquilles")

Cécile Sauvage (1883-1927), Le Vallon (1913)



Ainsi, voici l'espace où ma vie a tourné,

Ces monts, ces arbres sombres.

C'est pour ces incidents si vains et si légers

Que je sortis des ombres.


Pour cette humble fenêtre où l'azur assoupi

Balance des abeilles,

Pour ces rêves menus dont mon coeur endormi

A caressé ses veilles.


Je n'étais que cela, je ne suis que cela,

Ô ma vie isolée,

Et le temps a choisi d'acheminer mes pas

Au sein de ces vallées.


Adieu le souvenir, adieu toutes saisons

Mauvaises ou joyeuses ;

Le jour passe et je donne aux brises du gazon

Mon âme harmonieuse.



Poème X ("Fuites légères")

Cécile Sauvage, Le Vallon (1913)



Que voulez-vous, assis sur cette roche dure,

Parmi les amandiers,

Spectre léger vêtu d'une robe si pure

Et le corps replié ?

Êtes-vous là toujours ? J'arrive et votre geste

Ne m'appellera pas.

Êtes-vous le Passé ? Que ne dites-vous : Reste,

En me tendant les bras.

Pourquoi cette attitude immobile et sévère,

Et pourquoi ces yeux clos

Qui semblent regarder à travers la paupière

Et regarder plus haut ?

Vous n'êtes que fumée et le rayon qui passe

Va vous boire en rêvant.

Où suis-je ? que ma vie est dormante et s'efface,

Ô spectre indifférent.



"Le Vallon"

Cécile Sauvage, Le Vallon (1913)


[...]


Vallon, feuillages enchantés,

Il y a des larmes pour la beauté.


Elève-toi, coeur noble et triste :

Le rêve à jamais subsiste

De tout ce qui fuit.


[...]

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