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« Love forever completes the world » — Un extrait de The Quest of the Golden Girl de Richard Le Gallienne (avec une traduction française inédite)

14 août
3 min de lecture

Richard Le Gallienne, ca. 1890

Photo. Frederick Hollyer


Love forever completes the world, for it is no future of higher achievement, no expectation of greater joy. It lives for ever in a present made perfect by itself. Love can dream of no greater blessedness than itself, of no heaven but its own. God himself could have added no touch of happiness to our happy hearts that grave and sunny morning. You philosophers who go searching for the meaning of life, thinkers reading so sadly, and let us hope so wrongly, the riddle of the world — life has but one meaning, the riddle but one answer — which is Love. To love is to put yourself in harmony with the spheral music of creation, to stand in the centre of the universe, and see it good and whole as it appears in the eye of God.

Even Death himself, the great and terrible King of kings, though he may break the heart of love with agonies and anguish and slow tortures of separation, may break not his faith. No one that has loved will dream even death too terrible a price to pay for the revelation of love. For that revelation once made can never be recalled. As a little sprig of lavender will perfume a queen's wardrobe, so will a short year of love keep sweet a long life. And love's best gifts death can never take away. Nay, indeed, death does not so much rob as enrich the gifts of love. The dead face that was fair grows fairer each spring, sweet memories grow more sweet, what was silver is now gold, and as years go by, the very death of love becomes its immortality.


Richard Le Gallienne, The Quest of The Golden Girl (1896) [Extrait].



L'Amour donne au monde sa consécration définitive, car il n'est ni prévision d'un couronnement futur, ni attente d'une joie plus grande. Il vit pour toujours dans un présent rendu parfait par lui-même. L'Amour ne peut rêver de plus grande bénédiction que lui-même, d'aucun firmament que le sien propre. Dieu lui-même n'eût pu ajouter nulle touche de bonheur en ce grave matin ensoleillé. Vous autres, philosophes, qui cherchez le sens de la vie ; vous, penseurs, déchiffrant tristement — et, espérons-le, si mal — dans vos lectures, l'énigme de la vie, la vie n'a qu'un sens, l'énigme, qu'une réponse : c'est l'Amour. Aimer, c'est être en harmonie avec la musique des sphères, se tenir au centre de l'univers et le voir bon et entier comme il apparaît aux yeux de Dieu.

Même la Mort, le grand et terrible Roi des rois, même si elle peut briser le coeur de l'amour par les affres, les angoisses et les longs supplices de la séparation, ne peut briser sa foi. Nul, s'il a aimé, ne rêvera même la Mort comme un prix trop lourd à payer pour la révélation de l'amour. Car, une fois accomplie, cette révélation ne peut jamais être révoquée. De même qu'un brin de lavande parfume le vestiaire d'une reine, de même une brève année d'amour adoucira une longue vie. Les meilleurs présents de l'Amour, la Mort ne peut les confisquer. Et, qui plus est, la Mort, en vérité, ne dérobe pas ces présents, mais les enrichit. Le visage défunt, qui était si beau, s'embellit encore à chaque printemps, les doux souvenirs deviennent plus doux encore, ce qui était argent est maintenant de l'or et, à mesure que les années passent, même la mort de l'amour se commue en immortalité.


Trad. inédite de Jean de Palacio.

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