Présents – La Conserverie, un lieu d'archives (Exposition)

© Stéphane Bernard
Du 5 septembre au 22 novembre 2026, la Galerie Poirel de Nancy abrite un parcours photographique intimiste issu du projet de collecte photographique Présents, mené par La Conserverie, lieu d'archives. Cette collecte est proposée dans le cadre du bicentenaire de la naissance de la photographie.
Deux longues rangées de clichés, exposés les uns à côté des autres, s'offrent aux regards curieux. Nous défilons lentement devant des centaines de visages anonymes immortalisés par l'objectif, couvrant une centaine d’années jusqu’au moment présent (et particulièrement représentatifs des années cinquante à nos jours) ; photographies d'identité, photographies de famille, portraits posés, clichés pris sur le vif, petits et grands formats, esthétiques ou moins esthétiques — mais les critères artistiques paraissent dérisoires lorsqu’il s’agit de fixer l’émotion d’un moment. La valeur de ces petits morceaux de papier brillant tient bien sûr, avant toute chose, dans ce qu'ils représentent et dans les images qu'ils convoquent. Nous pensons à nos propres photos, rangées dans des albums obscurs cachés dans des greniers, égarées un peu partout au fil de la vie, ou au contraire religieusement conservées. À celles que l'on glisse dans son portefeuille, et aux autres, que l'on enferme dans un cadre pour tenter de conserver l'image d'un disparu aussi longtemps qu'il est possible.
Les époques se mêlent, les repères aussi. On croit reconnaître des silhouettes connues sur des clichés qui ne nous appartiennent pas. On s'émeut de reconnaître un environnement familier, un objet que l'on a vu, nous aussi, chez nos parents, nos grands-parents. Des expressions, des sourires, des coiffures, des tenues, ravivent une foule de souvenirs enfouis. Ou, au contraire, on s’émeut de tout trouver différent et lointain. De ne plus très bien savoir donner un âge à tel cliché, de ne plus savoir situer telle période, telle époque.
Vertige du temps qui s'égrène, Présents donne envie de se (re)plonger dans ses propres archives, de faire parler les voix du passé, de préserver la mémoire des choses et des visages en dépit de cette longue fuite des heures.
Au centre de la galerie, on pourra, le temps d’une pause méditative ou récréative, feuilleter pléthore de recueils photographiques, de catalogues, d'œuvres diaristiques illustrées, et divers autres travaux d'archive autour de la photographie.
Entrée libre.















